Le traitement de l'eau

UNE EAU BELLE ET SAINE

C'est le souhait de tout propriétaire de piscine, qu'elle soit familiale ou collective. Pour l'obtenir, il y a lieu d'agir sérieusement sur 2 axes : une action physique par la filtration, une action chimique par les traitements.

Action physique :

Sans filtration ou avec une installation mal conçue, non performante, mal entretenue :

  • l’eau est trouble, chargée de déchets d’origines diverses et rapidement il n’est plus possible de voir le fond du bassin.

  • à la surface de l’eau (qui correspond au niveau de la tête des baigneurs) flottent cheveux et poils, insectes, mucosités rhino-pharyngées (salives, crachats, mucus), squames de la peau ainsi que sueur, cosmétiques, huiles solaires…

Par une filtration et un entretien efficaces du bassin, tous ces déchets divers disparaissent.

 

Action chimique :

Pour agir sur les micro-organismes responsables de maladies (germes pathogènes) :

champignons (mycoses), bactéries (streptocoques, staphylocoques, salmonelles, légionelles …), virus (poliomyélite, hépatite A alors que l’hépatite B et le sida ne peuvent se développer dans une eau de piscine et que le virus responsable des verrues plantaires évolue sur les sols - plage, douche …)

Non détruits, ces germes pathogènes seront à l’origine de diverses pathologies cutanées, digestives, ORL, etc … comme otite, angine, conjonctivite, mycoses, furonculose, dermite, diarrhées … alors que par des traitements chimiques appropriés, on disposera d’une eau saine, indemne entre autres de germes pathogènes.

Il faut également se rappeler que l’eau d’une piscine n’est pas seulement polluée par les baigneurs mais aussi par :

  • le vent et la pollution atmosphérique (feuilles et poussières transportent aussi des agents pathogènes),
  • les insectes et petits animaux de tous ordres,
  • la végétation environnante du bassin : gazon, pollen, pétales …
  • la terre, dans le cas de massifs de plantes en bordure de l’eau,
  • l’eau d’apport : si l’eau du réseau public est sans risque, il n’en est pas de même d’une eau de puits ou de forage,
  • les non baigneurs dont les chaussures sont toujours souillées,
  • les produits de traitements : inappropriés ou à des doses excessives.

 

Les règles de base pour une eau belle et saine :

Une eau équilibrée telle que définie au chapitre précédent se conserve facilement belle et saine si l’on respecte quelques règles de base.

1ère règle : l’hiver

N’abandonnez pas votre eau l’hiver sous prétexte qu’il y a une couverture . Pourquoi ne pas soulever celle-ci de temps en temps pour observer l’état de l’eau et, en cas d’un début d’eau verte, traiter à l’aide d’un ou deux arrosoirs d’eau tiède chlorée ou tout autre produit que vous employez habituellement.
Protéger l’eau en hiver, c’est chaque mois au plus, 10 minutes d’ ”affection” à apporter à votre chère piscine.

2ème règle : au printemps

Il faut prendre en main la saison dès après Pâques et ne pas attendre que votre eau soit devenue irrécupérable. A cette époque, l’eau est encore très fraîche (autour de 10°). Elle n’évolue que très lentement et une mise en route dans ces conditions est d’une grande facilité. Si l’eau est trouble ou légèrement verte, un traitement adapté et une filtration prolongée sur 2-3 jours remettront tout cela d’aplomb.
Ensuite, de courtes filtrations sur 3-4 h / jour (2+2) et des traitements espacés économiques (en fonction de son aspect visuel et de la trousse de contôle) vous conduiront sans souci jusqu’aux premiers jours de baignade. Certes, les temps de filtration varieront en fonction de la température de l’eau et de la pollution (voir tableau).

3ème règle : la filtration

1 - finesse
La finesse de filtration change tout. Si le filtre diatomée bat les records par ses quelques microns de finesse (2 à 5), le filtre à sable est en queue de peloton si on l’utilise tel quel (environ 30 à 40 microns). D’où l’obligation de lui faire absorber (par le skimmer) 1 à 3 cartouches de floculant (selon le volume d’eau et la surface du filtre). Ainsi, on augmentera considérablement sa finesse puisqu’il filtre alors à environ 10 microns. Il se rapproche donc des performances du champion diatomée.

2 - état du filtre
Que de filtres entartrés, pleins de gras, mal décolmatés !
Résultat = mauvaise filtration.

  • le sable se décape chimiquement 2 fois l’an par un produit spécifique :
  • en fin ou début de saison,
  • en milieu de saison.
  • les éléments du filtre diatomée se détartrent tous les 1 à 4 ans (selon le degré de calcaire) durant la ”morte saison”. Il en est de même pour les filtres à cartouches (ne pas dépasser 2 ans voire mieux 1 an).

Chaque fois qu’un filtre manifeste au manomètre (s’il marche !) plus de 300 à 400 g de pression par rapport à celle de départ (celle relevée une fois le filtre propre), il y a lieu de procéder à son lavage.
Là encore que de fois on ”lavotte” mollement alors que 3 à 4 minutes sont le temps minimum nécessaire.
Inversement, ne lavez pas systématiquement votre filtre alors qu’il vient d’être nettoyé et qu’il est donc à peine encrassé. C’est à ce moment là qu’il filtre plus fin.
Faites absolument la chasse aux aiguilles (entre autres les petites de cèdres, douglas, sapin...).
C’est étonnant le colmatage rapide que cela entraîne. Lorsqu’elles sont malheureusement arrivées sur le plan d’eau, piégez-les aux skimmers par des sacs spéciaux.
Nettoyez très souvent les paniers de skimmer et de pompe.

La qualité des éléments filtrants :

  • sable : n’hésitez pas à le changer dès que votre filtration ne présente plus les performances d’avant, soit au bout de 10 ans, voire 5 à 8 ans.
  • diatomées : mettez une quantité suffisante pour obtenir un “gateau” filtrant efficace.
  • cartouches : changez-les dès que leur aspect flasque, déformé témoigne de signes de fatigue ou qu’elles freinent le débit d’eau malgré un bon nettoyage.

3 - temps de filtration
Que de propos irréalistes entendus à ce sujet :

  • “je filtre la nuit ... ”
  • “j’alterne jour et nuit ... ”
  • “je filtre par intermittence ... ”
  • “Puisque j’ai une piscine à débordement et que j’évacue tout dans la fosse, je filtre “fort” 2 heures matin, 2 heures après-midi”
  • etc ...

Non, du bon sens tout simplement ne peut que rétablir la réalité et expliquer pourquoi tant de personnes ont des problèmes d’eau.
L’eau évolue brutalement (parfois en quelques heures) et se pollue d’autant qu’il y a pollution et chaleur. Cette évidence est oubliée par trop d’usagers.

Il est conseillé de respecter en moyenne les temps de filtration suivants :

Jusqu'à 10°

2h

10 à 12°

4h

12 à 16°

6h

16 à 24°

8h

24 à 27°

10h

27 à 30°

15-20h

Au-delà

20-24h

4ème règle : la température

On vient de voir combien une montée importante en température exige des temps de filtration beaucoup plus longs. Aussi, soyez raisonnable en ne dépassant pas 26 - 27°.
Au delà, il y a intérêt à être très observateur sur le comportement de son eau et les conséquences de la présence de nombreux baigneurs qui, en période chaude, polluent particulièrement (sueur, produits solaires…).
La couverture isothermique, si appréciable dans beaucoup de régions de France pour éviter de perdre la nuit 2 à 4°, doit être retirée dès que l’on veut ”reprendre” son eau trouble ou verte. De même durant de longues périodes d’absence où celle-ci ne peut qu’accélérer une mauvaise évolution de l’eau.

5ème règle : la pollution

Les baigneurs
Un corps humain pollue environ 6 m3 d’eau ! et encore s’il n’est pas en sueur !

Les orages
Ils font tourner les eaux si l’on n’a pas pris soin peu de temps avant de remonter le taux de désinfectant s’il est un peu faible.

Les déchets
Videz régulièrement les paniers de skimmer et pompe, nettoyez les dépôts des goulottes de débordement ainsi que les fonds du bassin.

Les abords
Bien que cela soit beau, évitez au maximum de laisser votre gazon, vos végétaux au ras du plan d’eau. Il faut choisir : pièce d’eau ou piscine. La pollution végétale est considérable et une zone périphérique minimum de protection est préférable. Margelles et plage sont nécessaires à la bonne conservation de l’eau.

Le bassin
Parois et fonds doivent présenter une surface qui ne fixera aucun déchet de tous ordres et dont l’entretien sera aisé et rapide.
Comme il est dommage, que parfois, pour des raisons de goûts… et de mode, on oublie cette obligation pour la conservation de l’eau de piscine.
Il ne viendrait à l’idée de personne de conserver une boisson dans un récipient rugueux, difficile à nettoyer. Pourquoi n’en serait-il pas de même avec votre piscine, véritable récipient d’eau potable !

6ème règle : les traitements

Si la filtration est indispensable à l’entretien physique de l’eau, les grandes familles polluantes :

  • les germes pathogènes,
  • les algues,
  • les déchets organiques,

rendent obligatoire l’application d’un programme de traitements appropriés.

 

Techniques Piscines Techniques Piscines.
N° Hors-série
"La Piscine, son exploitation".